Louis-Hubert Rémy a rencontré le cardinal Siri en 1985 : son témoignage
est précieux car il nous apporte des indices intéressants sur le
conclave de 1958 si on sait bien interpréter ce qu’il écrit. C’est
pourquoi des commentaires seront indispensables. En attendant,
écoutons-le lui-même raconter !
« Suite à la visite (Ascension 1985) que nous avions faite au cardinal Siri en compagnie de M. de La Franquerie nous avions pris des notes de notre entretien. M. de La Franquerie avait exigé le plus grand secret, mais sur pression de Mgr Guérard des Lauriers qui m’assurait que je n’étais pas tenu par le secret, cet entretien étant trop important, j’écrivis cet article :« Le PAPE SERAIT-il le CARDINAL SIRI ?Dans un de ses écrits, le Prince Scortesco, cousin germain du Prince Borghèse, Président du Conclave ayant élu Montini au "Pontificat suprême", donne les renseignements suivants concernant le conclave du 21 juin 1963 : “ Pendant le Conclave, un cardinal sortit de la chapelle Sixtine, rencontra les représentants du B’naï B’rith, leur annonça l’élection du cardinal Siri. Ils répondirent en lui disant que les persécutions contre l’Église reprendraient de suite. Retournant au conclave, il fit élire Montini. ” [histoire abracadabrantesque]
Rendant visite à Monsieur de la Franquerie, en novembre 1984, avec mon ami Francis Dallais, nous reparlâmes de ce grave problème. Monsieur de la Franquerie, en 1963, était en relation suivie avec de nombreux prélats romains, et il nous confirma avoir entendu des confidences de gens sûrs et bien informés ayant eu connaissance de ces faits.
Nous décidâmes, pour en avoir le cœur net, d’aller voir le cardinal Siri à Gênes. Monsieur de la Franquerie ayant eu l’occasion dans le passé de le rencontrer et d’avoir avec lui d’aimables entretiens, lui écrivit pour lui demander audience ; ce que le cardinal nous accorda le vendredi suivant l’Ascension 1985. La réponse de la demande de M. de La Franquerie, datée de novembre 1984, fut sans réponse, très longtemps. Ce n’est que le Vendredi Saint 1985, que le cardinal, par téléphone, nous donna rendez-vous pour le lundi de Pâques. Ce délai était trop court. Au final le cardinal nous reçut le lendemain de l’Ascension.
C’est ainsi que le 17 mai 1985, nous nous retrouvions chez moi à Lyon, Monsieur de la Franquerie et Francis Dallais. La soirée fut merveilleuse. J’avoue que je suis sensible au charme très vieille France de notre cher marquis et que nous avons passé, jusqu’à une heure très avancée dans la nuit, des moments inoubliables à l’écouter nous raconter ses souvenirs d’une vie féconde et bien remplie. Que ce soit ses souvenirs sur Monseigneur Jouin, sur le Maréchal Pétain ou sur Pie XII, Monsieur de la Franquerie est intarissable et passionnant.
Le lendemain matin, nous sommes partis tôt pour Gênes où le cardinal nous attendait vers 10 heures et nous accorda une audience de deux heures. Nous fûmes reçus avec beaucoup d’attention dans le magnifique Palais épiscopal de Gênes. Le cardinal qui parle très bien le français, fut chaleureux, attentif et d’une courtoisie propre à ces gens, grands par la fonction, mais plus encore par le cœur.
S’engagea alors un dialogue entre ces deux respectables personnes dans un langage diplomatique que je ne connaissais pas et qui est d’un charme, d’une délicatesse, fruit de l’éducation de centaines d’années, et malheureusement disparu de nos jours.
Ils parlèrent de plusieurs problèmes actuels ou passés, inutiles à retracer aujourd’hui. Pour ce qui nous concerne, nous avions convenu la veille au soir, de parler d’abord de la sortie, lors du Conclave [de 1963], du cardinal Tisserand. Rappelant donc cette histoire, la réaction du cardinal Siri fut immédiate, nette, précise, ferme et indiscutable : “ Non, personne n’est sorti du Conclave ”. [La réponse de Siri fait bien voir que cette histoire est absurde.] Il ne peut témoigner que de ce qu’il a vu et non pas de ce qui aurait pu se passer dans son sommeil ou dans son dos [LHR extrapole inutilement]. Mais ce qui a retenu notre attention, c’est cette rapidité, cette fermeté, ce NON catégorique du cardinal.
... »
Ce
qui va suivre est un espèce de quiproquo qu’il est utile d’expliquer
avant de poursuivre. En effet, Siri maintenant va parler du conclave de
1958 alors que LHR restera bloqué sur celui de 1963. C’est pourquoi,
avant de continuer, une mise au point est nécessaire.
« Nier l’avènement futur et personnel d’Élie,
c’est une hérésie
ou une erreur qui approche de l’hérésie. »
(Saint Robert Bellarmin)
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Louis-Hubert Rémy met Cardinal Siri in 1985: his account is invaluable because it provides us with interesting insights into the 1958 conclave, provided we know how to interpret what he writes. That is why commentary will be essential. In the meantime, let’s hear him tell the story himself!
RépondreSupprimer“Following the visit (Ascension 1985) we made to Cardinal Siri in the company of Mr. de La Franquerie, we took notes from our conversation. Mr. de La Franquerie had demanded the strictest secrecy, but under pressure from Bishop Guérard des Lauriers, who assured me that I was not bound by secrecy—since this conversation was too important—I wrote this article:
“WILL THE POPE BE CARDINAL SIRI?
In one of his writings, Prince Scortesco, first cousin of Prince Borghese, President of the Conclave that elected Montini to the “Supreme Pontificate,” provides the following information regarding the conclave of June 21, 1963: “During the Conclave, a cardinal left the Sistine Chapel, met with representatives of B’nai B’rith, and announced to them the election of Cardinal Siri. They replied by telling him that the persecutions against the Church would resume immediately. Returning to the conclave, he had Montini elected.” [a preposterous story]
When I visited Monsieur de la Franquerie in November 1984 with my friend Francis Dallais, we discussed this serious issue once again. In 1963, Monsieur de la Franquerie had been in regular contact with numerous Roman prelates, and he confirmed to us that he had heard confidential accounts from reliable and well-informed individuals who were aware of these events.
To get to the bottom of the matter, we decided to go see Cardinal Siri in Genoa. Since Monsieur de la Franquerie had had the opportunity in the past to meet him and have friendly conversations with him, he wrote to him to request an audience; the cardinal granted us this on the Friday following Ascension Day 1985. Mr. de La Franquerie’s request, dated November 1984, went unanswered for a very long time. It was not until Good Friday 1985 that the cardinal, by telephone, scheduled an appointment for us for Easter Monday. That timeframe was too short. In the end, the cardinal received us the day after Ascension.
...
... And so, on May 17, 1985, Monsieur de la Franquerie and Francis Dallais gathered at my home in Lyon. It was a wonderful evening. I must admit that I am quite taken with the old-world French charm of our dear marquis, and that we spent unforgettable moments, well into the night, listening to him recount his memories of a rich and eventful life. Whether recounting his memories of Monsignor Jouin, Marshal Pétain, or Pius XII, Monsieur de la Franquerie is inexhaustible and captivating.
SupprimerThe next morning, we left early for Genoa, where the cardinal was waiting for us around 10 a.m. and granted us a two-hour audience. We were received with great attention in the magnificent Episcopal Palace of Genoa. The cardinal, who speaks French very well, was warm, attentive, and possessed a courtesy characteristic of those people who are great in office, but even greater in heart.
A dialogue then ensued between these two distinguished individuals in a diplomatic language I was unfamiliar with—one of such charm and delicacy, the fruit of centuries of refinement, and one that has, unfortunately, vanished in our time.
They discussed several current and past issues, which need not be recounted here. As for us, we had agreed the night before to begin by discussing Cardinal Tisserand’s departure during the [1963] Conclave. When this story was brought up, Cardinal Siri’s reaction was immediate, clear, precise, firm, and indisputable: “No, no one left the Conclave.” [Siri’s response clearly shows that this story is absurd.] He can only testify to what he saw and not to what might have happened while he was asleep or behind his back [LHR is extrapolating unnecessarily]. But what caught our attention was the cardinal’s swiftness, his firmness, and his categorical “NO.”
...”
What follows is a sort of misunderstanding that needs to be clarified before proceeding. Indeed, Siri will now speak of the 1958 conclave, while LHR remains fixated on the 1963 one. That is why, before continuing, a clarification is necessary.
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